Nous attendons beaucoup des policiers. Nous les investissons d’une autorité et leur remettons des armes à feu. Nous leur demandons d’adhérer aux normes les plus élevées de professionnalisme, d’intégrité, de tolérance et de bon jugement dans des situations que la plupart d’entre nous ne peuvent imaginer.
Il n’est donc pas étonnant que nous prenions tant de précautions pour les filtrer correctement.
Après tout, l’enjeu est de taille. Admettre des personnes qui ne sont pas adaptées au travail de la police n’est pas seulement une perte de temps et de ressources pour la formation, mais cela peut entraîner des risques supplémentaires pour la sécurité du public et des agents.
Présélection
La présélection des candidats à l’application de la loi n’est ni facile, ni parfaite. Mais les procédures ont beaucoup évolué depuis que j’ai commencé à les mener en 1979. Auparavant, notre seul objectif était d’écarter les candidats présentant des troubles mentaux ou des psychopathologies. Aujourd’hui, nous nous intéressons tout autant aux compétences qui favorisent la réussite.
Calian aide de nombreux services de police à travers le pays à sélectionner des candidats. Nous soutenons également des ministères et des organismes fédéraux tels que l’Agence des services frontaliers du Canada, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada et le Service correctionnel du Canada. Ce faisant, nous mesurons simultanément les forces et les faiblesses à l’aide de deux des tests psychométriques les plus utilisés dans le domaine de l’application de la loi en Amérique du Nord.
Test
Lors du test psychométrique écrit, les personnes sont testées sur une échelle mobile dans divers domaines, notamment l’adaptabilité, l’esprit de décision, le jugement, la résolution de problèmes, la régulation émotionnelle, la tolérance et la gestion du stress, l’évitement de l’abus de substances et bien d’autres facteurs. Les personnes présentant une psychopathologie ou des problèmes de santé mentale sont éliminées.
Vient ensuite l’entretien. L’entretien se déroule en deux parties : d’une part, un suivi clinique du test écrit et, d’autre part, un entretien structuré sur le stress. Les recherches montrent que l’entretien est essentiel pour confirmer ou remettre en question les conclusions tirées du test psychométrique et pour améliorer la fiabilité globale – ou la qualité prédictive – du processus de test.
Placer la barre haut
Les candidats, bien sûr, travaillent dur pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Cela peut représenter un défi pour les testeurs. La combinaison du test psychométrique et de l’entretien en deux parties permet d’identifier les incohérences dans lesquelles une personne pourrait tenter de fausser les résultats.
Les forces de l’ordre jouent l’un des rôles les plus exigeants de notre société. Ce travail comporte des facteurs de stress exceptionnellement élevés. Les professionnels de la sécurité publique peuvent être témoins d’actes de violence troublants, être menacés d’atteintes à leur intégrité physique et avoir affaire à des criminels violents – le genre de personnes que vous et moi rencontrons rarement, voire jamais. En tant que société, nous devons placer la barre très haut. C’est pourquoi le taux de candidats refusés par rapport aux candidats acceptés est plus élevé que dans la plupart des écoles supérieures et professionnelles du pays.
Le processus de sélection que nous utilisons est formel, structuré, empirique et défendable. Je ne prétendrai jamais qu’il est parfait, mais il offre de solides garanties quant à l’aptitude d’une personne à exercer des fonctions de police, sur la base de mesures objectives.