Alors que le Canada accélère ses dépenses de défense pour atteindre les objectifs ambitieux de l’OTAN, le pays est confronté à un défi majeur : les pénuries de personnel et les retards de formation menacent de compromettre l’efficacité des nouveaux équipements et plates-formes.
Les risques d’un sous-investissement dans la formation
La politique de défense du Canada s’est fortement concentrée sur l’acquisition de nouveaux navires, sous-marins, avions et véhicules blindés. Bien que ces investissements soient essentiels, ils ne suffisent pas à eux seuls. Faute de personnel qualifié en nombre suffisant pour exploiter et entretenir ces plates-formes, les programmes de plusieurs milliards de dollars risquent de ne pas répondre aux attentes.
Des rapports récents confirment ces inquiétudes. Selon CBC News, les Forces armées canadiennes sont confrontées à une pénurie de 14 000 personnes qualifiées, avec des taux d’attrition parmi les nouvelles recrues plus de deux fois supérieurs à la moyenne. Les retards de formation et les difficultés d’adaptation à la vie militaire sont cités comme les principales raisons des départs prématurés, certaines recrues attendant plus de 200 jours pour leur formation. Le rapport 2025 de l’auditeur général a constaté que seul un candidat sur 13 était recruté avec succès et que la capacité de formation de base était insuffisante pour répondre aux besoins opérationnels.
La formation par simulation : Une solution stratégique
Pour relever ces défis, nous devons donner la priorité à la capacité de formation de la base industrielle de défense du Canada, en particulier par le biais de partenariats avec des entreprises canadiennes qui proposent des formations fondées sur la simulation. Les technologies de simulation, telles que la réalité virtuelle, la réalité augmentée et la réalité mixte, offrent des solutions immersives, rentables et évolutives pour renforcer l’état de préparation opérationnelle. Calian, par exemple, a assuré la formation de 250 000 membres des Forces armées canadiennes et de 50 000 membres du personnel de l’OTAN, en combinant la formation en situation réelle et la formation par simulation.
Les rapports de l’industrie se font l’écho de cette tendance. La Revue de la défense canadienne note que l ‘entraînement en direct, virtuel et constructif (LVC) est désormais une pierre angulaire de l’état de préparation des FAC, intégrant des exercices réels à des environnements virtuels pour reproduire les complexités de la guerre moderne. Ces technologies sont de plus en plus associées à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage automatique pour optimiser l’efficacité de la formation.
Les tendances technologiques qui façonnent l’entraînement militaire
À l’échelle mondiale, les technologies émergentes transforment la formation à la défense. L’intelligence artificielle permet de créer des environnements d’apprentissage adaptatifs, des analyses prédictives et des systèmes d’aide à la décision. L’intégration de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle améliore le réalisme et l’engagement, tandis que les solutions de simulation basées sur le cloud offrent des programmes de formation évolutifs. Le ministère de la défense nationale investit dans des plateformes telles que l’interface virtuelle de commandement et de contrôle (VCCI) de Calian et MaestroEDE pour connecter les technologies de simulation et de commandement et de contrôle dans des environnements unifiés pour la formation et les opérations.
Investir dans les capacités nationales
Le Canada doit investir dans la formation nationale fondée sur la simulation afin de réduire sa dépendance à l’égard des chaînes d’approvisionnement étrangères et d’assurer son état de préparation à long terme. Un secteur de formation canadien florissant signifie que les FAC peuvent compter sur la technologie et l’expertise locales pour préparer leur personnel aux défis futurs.
Alors que les dépenses de défense augmentent, la capacité du Canada à former et à conserver du personnel qualifié sera la véritable mesure de sa force militaire. En donnant la priorité à la capacité de formation et en adoptant des technologies innovantes, le Canada peut se doter d’une force résiliente et prête pour l’avenir.
