Lors du récent Healthcare Hackathon de Microsoft à Toronto, Calian et Microsoft ont réuni des dirigeants du secteur de la santé de tout l’Ontario pour une table ronde collaborative. Animée par Lori Singh, vice-présidente de Calian pour les produits pharmaceutiques et la santé numérique, et Noel Trinidade, responsable de la commercialisation des données et de l’IA, la conversation a exploré la façon dont les hôpitaux utilisent les données, l’analyse et l’IA pour réimaginer les soins, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des murs de l’hôpital.
Il en est ressorti un dialogue franc, tourné vers l’avenir, sur ce qu’il faut vraiment faire pour que les soins de santé soient davantage connectés, axés sur la communauté et éclairés par les données.
“Les soins de santé commencent bien avant les hôpitaux”.
Si de nombreux thèmes ont été abordés tout au long de la discussion, l’un d’entre eux a été reconnu comme étant le plus puissant… Les soins de santé ne commencent pas aux portes de l’hôpital, ils commencent dans la communauté. Bien que l’on sache que des facteurs tels que la stabilité du logement, l’accès au soutien social et les environnements de vie ont un impact indéniable sur les résultats en matière de santé, ces points de données existent souvent en dehors du dossier médical traditionnel et limitent notre capacité à fournir des soins complets.
Certains participants ont expliqué comment leurs organisations exploitent les données hospitalières pour mieux comprendre les tendances en matière de santé communautaire et anticiper les besoins, dans le cadre d’une évolution plus large du traitement réactif vers un engagement proactif. D’autres ont fait écho à cette vision, soulignant le rôle de l’analyse dans la construction de communautés plus saines, tout en reconnaissant que les silos de données restent l’un des plus grands défis provinciaux dans la génération d’informations holistiques et personnalisées.
Dans toutes les organisations, le sentiment partagé est que le progrès ne peut pas attendre des systèmes parfaits. Alors que l’ère numérique continue d’évoluer, les patients qui recherchent des services de première ligne et des services communautaires s’attendent à un accès plus rapide aux soins et à des informations plus claires dès aujourd’hui, et non dans dix ans.
Maturité des données : Un voyage, pas une destination
Lorsqu’il s’agit de faire progresser la maturité des données, tous les participants à la table ronde s’accordent à dire que le parcours n’est pas linéaire. Certains ont décrit leur modèle comme “la gouvernance et la sécurité d’abord”, comparant le processus à “couper l’herbe” – quelque chose qui nécessite une attention et un entretien constants.
D’autres ont indiqué qu’ils n’en étaient qu’au début de leur parcours de gouvernance des données, réfléchissant à l’évolution de leur utilisation des données alors qu’ils continuent à construire à partir de la base et à faire des progrès significatifs à mesure que de nouvelles priorités et technologies émergent.
Ce qu’il faut en retenir ? La maturité des données n’est jamais achevée. Il s’agit d’un processus évolutif et itératif qui reflète l’apprentissage continu d’une organisation et sa réponse aux besoins de l’industrie.
Confiance, gouvernance et pouvoir de collaboration
Le fil conducteur de la conversation était que la confiance est le fondement de la gouvernance et du partage des données en collaboration. Le secteur des soins de santé ne fonctionne pas sur la base de mesures traditionnelles de retour sur investissement, mais sur la base d’une mission commune visant à améliorer les résultats pour les patients et à protéger l’intégrité et l’utilisation des données les concernant. Cela signifie qu’il faut traiter les données des partenaires avec la même diligence, la même sécurité et le même soin que les données internes.
Malgré une compréhension commune de l’importance de la collaboration, un partage significatif des données reste limité par des différences dans les cadres de gouvernance entre les provinces et par des préoccupations constantes concernant la résidence des données, comme la garantie que les informations sensibles restent à l’intérieur des frontières canadiennes. Au-delà de ces obstacles techniques et réglementaires, l’adoption par les cliniciens de nouveaux outils numériques et le défi plus large de l’interopérabilité à l’échelle du système ajoutent une autre couche de complexité. Ensemble, ces facteurs peuvent ralentir les progrès vers une véritable maturité des données, où les informations circulent de manière transparente, sécurisée et en faveur de l’amélioration des soins aux patients.
L’IA à petite échelle
Lorsque la discussion a abordé le sujet de l’IA, le ton est passé à l’optimisme et aux possibilités. Avec l’essor rapide des outils alimentés par l’IA et conçus spécifiquement pour les soins de santé, de nouvelles possibilités s’offrent aux hôpitaux pour améliorer la manière dont ils fournissent des soins, qu’il s’agisse d’optimiser les flux de travail cliniques pour réduire la charge administrative, ou d’exploiter les données pour guider une intervention plus précoce et un traitement personnalisé.
Microsoft a souligné que les capacités d’IA autrefois limitées aux grandes entreprises bien financées sont désormais à la portée des hôpitaux de toutes tailles. La clé, ont-ils noté, est de “commencer petit et d’évoluer rapidement”. En appliquant l’IA dès le début à des cas d’utilisation ciblés et à fort impact, les organisations peuvent rapidement gagner en confiance et constater une valeur mesurable avant d’investir dans des changements à plus grande échelle.
Le conseil de Microsoft était simple mais puissant : “Commencez”. Plutôt que d’attendre la perfection, les équipes devraient commencer à expérimenter, à prendre de l’élan et à itérer au fur et à mesure que la voie à suivre devient plus claire.
Perspectives d’avenir
Si un message a résonné plus que tous les autres, c’est que la véritable transformation des soins de santé dépend autant des personnes et des partenariats que de la technologie.
À l’issue de la discussion, cinq réflexions essentielles se sont dégagées :
- La santé communautaire ne repose pas uniquement sur des données cliniques : elle est liée au logement, à l’environnement et à l’engagement.
- La maturité des données est un voyage continu et circulaire, et non un chemin linéaire.
- La gouvernance et la confiance sont les fondements d’une collaboration fructueuse.
- L’interopérabilité à l’échelle du système et l’adoption par les cliniciens sont des facteurs clés pour surmonter les obstacles technologiques et réglementaires.
- Le pouvoir de transformation de l’IA peut se concrétiser par de petites avancées itératives.
Alors que Calian et Microsoft poursuivent leur partenariat avec des hôpitaux à travers le Canada, cette conversation a donné un aperçu d’un avenir plus connecté, plus proactif et plus collaboratif – un avenir où les données ne se contentent pas d’informer sur les soins, mais contribuent à façonner des communautés plus saines à partir de la base.
